Fondé le 20 avril 1882 par des étudiants du lycée Condorcet, le Racing Club de France est à l'origine un club omnisports consacré notamment à l'athlétisme. La section football voit le jour en 1896 et devient rapidement l'une des plus importantes de la capitale. Le Racing remporte son premier grand titre en 1907, en devenant champion de France dans le cadre du championnat organisé par l'USFSA, après avoir déjà terminé vice-champion à deux reprises en 1902 et 1903. Le club s'impose progressivement comme l'une des grandes institutions sportives françaises et développe ses activités au stade de la Croix-Catelan. Dans les années 1920, le Racing participe également au développement des grandes infrastructures sportives parisiennes : la construction du stade de Colombes débute en 1922 en vue des Jeux olympiques de 1924. L'enceinte, d'abord appelée stade olympique de Colombes, sera rebaptisée stade Yves-du-Manoir en 1928, en hommage au célèbre joueur international de rugby disparu cette année-là.
L'avènement du professionnalisme en 1932 marque un tournant majeur. La section football devient indépendante de l'association omnisports et adopte le nom de Racing Club de Paris, rejoignant le premier championnat professionnel français. Après une première finale de Coupe de France perdue en 1930, le Racing connaît son âge d'or au milieu des années 1930. En 1936, sous la direction de l'entraîneur anglais George Kimpton, les Ciel et Blanc réalisent le premier grand doublé de leur histoire en remportant à la fois le championnat de France et la Coupe de France. Cette réussite inaugure une période exceptionnelle : le Racing remporte encore la Coupe de France en 1939, 1940, 1945 et 1949, portant son total à cinq victoires dans la compétition. Le club demeure alors l'un des grands noms du football français et s'appuie notamment sur le prestige du stade de Colombes, qui devient l'une des enceintes emblématiques du football hexagonal.
Après une période plus difficile dans les années 1950, le Racing retrouve les sommets au début des années 1960. Le club termine vice-champion de France en 1961 et 1962, échouant notamment de très peu lors de la deuxième de ces saisons. En 1962, le Racing et le Stade de Reims terminent en effet avec le même nombre de points et une différence de buts identique. Le règlement de l'époque impose alors de les départager au goal-average, c'est-à-dire au rapport entre les buts marqués et les buts encaissés. Reims obtient finalement le titre pour un écart infime, dans l'un des classements les plus serrés de l'histoire du championnat de France. Mais les difficultés financières du football parisien et celles du Racing finissent par rattraper le club. En 1966, le Racing Club de Paris abandonne son autonomie professionnelle et fusionne avec le CS Sedan-Ardennes pour devenir le Racing Club Paris-Sedan. Cette association ne dure qu'une saison : en 1967, le Racing retrouve son identité de Racing Club de France et évolue désormais dans le football amateur.
Il faut attendre le début des années 1980 pour assister à une nouvelle tentative de renaissance du grand Racing parisien. En 1982, l'homme d'affaires Jean-Luc Lagardère souhaite créer un deuxième grand club à Paris pour concurrencer le Paris Saint-Germain. Il rachète d'abord le Paris FC, alors en Division 2, et le rebaptise Racing Paris 1, avec les couleurs ciel et blanc du Racing Club de France. Un accord est ensuite conclu avec le Racing : lorsque le Racing Paris 1 se maintient en D2, les deux structures sont réunies en 1983, donnant naissance au nouveau Racing Club de Paris. L'équipe professionnelle, fortement renforcée grâce aux investissements de Lagardère, retrouve la Division 1 en 1984 après des barrages, notamment face à l'AS Saint-Étienne. Après une première relégation, le club remonte en 1986 et connaît alors sa période la plus ambitieuse depuis les années 1930. Rebaptisé Matra Racing en 1987, il attire plusieurs vedettes comme Enzo Francescoli, Pierre Littbarski, Luis Fernandez, Rabah Madjer ou David Ginola. Malgré des investissements considérables et une équipe spectaculaire, le projet ne parvient pas à concurrencer durablement le PSG. Matra se retire en 1989 et le Racing connaît une nouvelle chute. En 1990, après une saison terminée à la 19e place de D1 et dans un contexte financier très difficile, le club quitte le professionnalisme et repart dans les divisions inférieures. Il atteint néanmoins la finale de la Coupe de France cette même année, avant de s'incliner face à Montpellier.
Les décennies suivantes sont celles d'une longue reconstruction. Le Racing évolue essentiellement entre les troisième et quatrième niveaux du football français et change à plusieurs reprises de dénomination, passant notamment par Racing Paris 1, Racing 92, Racing Club de France 92, Racing Club de France Football 92, Racing Club de France-Levallois 92 puis Racing Club de France Colombes 92. En 2005, alors qu'il évolue en National, le club est placé en liquidation judiciaire et doit repartir dans le championnat amateur. Après plusieurs saisons difficiles, il retrouve progressivement les compétitions nationales et connaît une nouvelle dynamique à partir de la reprise du club par Patrick Norbert en 2018. Le projet s'appuie notamment sur la formation, domaine dans lequel le Racing possède une longue tradition et a contribué à faire émerger plusieurs internationaux français. En 2022, le club remporte son groupe de National 3 et retrouve le National 2, quatrième niveau français. Toujours installé sur le site historique du stade Yves-du-Manoir à Colombes, le Racing Club de France Football poursuit aujourd'hui sa reconstruction avec l'ambition de retrouver progressivement les niveaux professionnels. Malgré les nombreuses transformations de son identité et les difficultés rencontrées depuis les années 1960, le Racing demeure l'un des clubs les plus prestigieux de l'histoire du football français, avec un titre de champion de France, cinq Coupes de France et une longue tradition de formation.
NATIONAL PROFESSIONNEL
* 1 x Champion de France : 1936
* 2 x Vice-champion de France : 1961, 1962
* 5 x Vainqueur Coupe de France : 1936, 1939, 1940, 1945, 1949
* 3 x Finaliste Coupe de France : 1930, 1950, 1990
* 1 x Champion de France Division 2 : 1986
NATIONAL AMATEUR
* 1 x Vainqueur Coupe Gambardella : 1959, 1987
* 1 x Vainqueur de groupe de Division 3 : 1986
* 1 x Vainqueur de groupe de CFA : 2004
* 1 x Champion de France National 3 : 2026
* 3 x Vainqueur de groupe de CFA2 et National 3 : 2007, 2022, 2026
RÉGIONAL
* 6 x Champion Ligue Paris : 1931, 1932, 1944, 1953, 1964, 1973